Fiche · pour comprendreSpécificités territoriales · La Réunion
Île entièrement infestée

Termites à La Réunion : une île entièrement classée

À La Réunion, un arrêté préfectoral classe toutes les communes à risque termites. Diagnostic obligatoire à la vente, déclaration en mairie et protection des constructions neuves s'appliquent partout sur l'île.

Stocker le dossier

Ici, le problème commence dans le jardin. On cherche les termites dans les murs alors que les nids arboricoles sont visibles depuis l’extérieur, dans un arbre ou contre une paroi. Faites le tour du terrain avant d’ouvrir la moindre trappe : c’est souvent là que la réponse se trouve, à hauteur d’œil.

Comprendre sans jargon

À La Réunion, un arrêté préfectoral du 11 avril 2001 classe toutes les communes de l'île comme contaminées par les termites ou susceptibles de l'être. Autrement dit, aucune adresse n'échappe au dispositif. Les conséquences sont les mêmes que dans les autres territoires classés : un état relatif à la présence de termites, daté de moins de six mois, doit être remis à l'acheteur lors de la vente d'un immeuble bâti (articles L.271-4 et D.271-5 du code de la construction et de l'habitation) ; toute présence de termites doit être déclarée en mairie (article L.126-4) ; et les constructions neuves doivent être protégées, par la résistance ou le traitement des bois (article R.131-1) et par une barrière de protection — physique ou physico-chimique — entre le sol et le bâtiment (article R.131-2) ; en outre-mer, le simple « dispositif de construction contrôlable » admis dans l'Hexagone n'est pas suffisant.

La Réunion se distingue par une diversité d'espèces peu commune, dont certaines endémiques. On y trouve à la fois des termites de bois sec, des termites souterrains — dont une espèce particulièrement destructrice pour les habitations — et une espèce arboricole qui construit des nids visibles. Cette variété a une conséquence pratique simple : la protection ne peut pas viser un seul mode d'attaque. Elle doit couvrir aussi bien le sol que les bois mis en œuvre.

Trois termites sur la même île — et trois protections

Les souterrains

Ils vivent dans le sol et remontent vers le bâtiment. On les arrête par une barrière continue entre le sol et la construction.

Ceux du bois sec

Ils n’ont pas besoin du sol : ils s’installent dans le bois lui-même, à n’importe quel niveau. La protection passe par le choix ou le traitement des bois et des menuiseries.

Les arboricoles

Ils construisent un nid visible, dans un arbre ou contre une paroi, et rejoignent le bâti par des galeries. Ici, le jardin fait partie du problème — et de la solution.

Pilote ton chantier vous aide à faire écrire quelle protection répond à quel termite, à conserver les preuves de pose, et à retrouver ces pièces le jour de la revente.

Les questions à poser — et la réponse à attendre

  • « Ma commune est-elle concernée ? » La réponse est oui : l’arrêté préfectoral du 11 avril 2001 classe toutes les communes de l’île. Aucune adresse n’échappe au dispositif — si l’on vous propose de « vérifier le zonage », c’est le raisonnement de l’Hexagone qui vous est appliqué.
  • « L’état termites date-t-il de moins de six mois à la signature ? » Attendez une date. C’est une pièce du dossier de diagnostic technique annexé à la promesse ou à l’acte : passé six mois, il se refait, et le renouvellement se prévoit dans le calendrier de la vente.
  • « Quelle protection répond à quel termite ? » La réponse doit distinguer le sol et les bois — barrière pour les souterrains, résistance ou traitement pour le bois sec — et dire ce qui est prévu pour les nids arboricoles aux abords. Une réponse qui ne parle que du sol est incomplète à La Réunion.
  • « Les bois de charpente et les menuiseries ont-ils été choisis pour leur résistance, ou traités ? » Attendez l’essence, la classe d’emploi ou le traitement retenu, écrits au marché. C’est ce qui distingue une protection réelle d’une intention.
  • « Qui déclare en mairie en cas de présence constatée, et quand ? » La déclaration est une obligation. Faites nommer le responsable et l’échéance, et gardez la copie : c’est elle qui prouve que rien n’a été dissimulé à la revente.

Le nid arboricole se voit, et c’est une chance. Une masse sombre dans un arbre ou plaquée contre un mur, des galeries en tube qui montent le long d’une paroi : ce sont des signes visibles depuis le jardin. Regardez les abords avant de regarder la charpente — et photographiez ce que vous voyez, daté.

Points de vigilance

  • Toutes les communes étant classées, aucune adresse n'est dispensée de l'état termites à la vente.
  • Une protection limitée au sol ne suffit pas face aux termites de bois sec et arboricoles présents sur l'île.
  • Un état termites de plus de six mois doit être renouvelé avant la vente.
  • La présence de termites doit être déclarée en mairie ; conservez la preuve de cette démarche.

À conserver dans votre dossier

  • L'état relatif à la présence de termites remis à la vente, daté et signé.
  • La confirmation que l'adresse relève de l'arrêté qui classe l'ensemble des communes de l'île.
  • Les justificatifs de la protection posée en construction neuve : bois traités, barrière au sol.
  • La notice technique remise au maître d'ouvrage à la réception (article R.131-3).
  • La copie de la déclaration en mairie en cas de présence constatée.

Passer à l'action

Cette fiche explique. Pour cocher vos contrôles, les enregistrer et les retrouver, l'outil correspondant les reprend et les range dans votre projet.

Mon territoire : ce qui change chez moi

Je vends un bien à La Réunion

L’état termites est dû quelle que soit la commune, et doit avoir moins de six mois à la signature. Faites-le établir assez tard pour qu’il couvre la vente, assez tôt pour traiter ce qu’il révélerait sans décaler l’acte.

Passer les cinq contrôles →

J’achète un bien existant

Lisez l’état avant de signer, et regardez sa date autant que son contenu. S’il signale des indices, faites chiffrer le traitement avant l’offre : après la vente, c’est vous qui portez le sujet.

Diagnostiquer avant de traiter →

Je fais construire du neuf

Faites écrire les protections répondant aux trois termites, et fixez le moment du contrôle de continuité avant le coulage. La notice technique se remet à la réception, au modèle applicable à l’outre-mer.

Protéger une construction neuve →

J’ai un jardin arboré

Les nids arboricoles se traitent aux abords, pas seulement dans le bâtiment. Faites inspecter les arbres proches et les clôtures bois, et intégrez cet entretien à votre carnet : c’est un sujet qui revient, pas une opération unique.

Le régime outre-mer en entier →

Les contrôles à emporter dans votre projet

Ajoutez ces contrôles pour appliquer les règles territoriales à l’adresse réelle du projet.

  1. Identifier le territoire, l’adresse et les zonages qui conditionnent le projet.Preuve attendue : résultat daté des cartes, arrêtés ou prescriptions correspondant à la parcelle
  2. Vérifier le texte, la version et le champ d’application retenus pour le projet.Preuve attendue : référence officielle datée et note expliquant son application au bâtiment
  3. Transmettre aux concepteurs les données locales d’exposition et de risque.Preuve attendue : cahier des charges, étude ou plans mentionnant climat, vent, séisme, eau ou agents concernés
  4. Faire justifier les dispositions de conception et d’exécution adaptées.Preuve attendue : plans, calculs, détails et validation du professionnel responsable
  5. Conserver les contrôles et documents démontrant la solution réellement exécutée.Preuve attendue : comptes rendus, photos avant recouvrement, essais et dossier final du projet

Ces contrôles restent sur cet appareil. Enregistrés, ils rejoignent votre projet et vous les retrouverez cochables, avec la preuve attendue en regard.

Sources et limites de la fiche

Sources consultées le 02/08/2026 ; mise au gabarit du 19/08/2026.

Références de rattachement. Code de la construction et de l’habitation : articles L.126-4 (déclaration en mairie), L.126-24 et L.271-4 (état termites annexé à la vente), D.271-5 (validité de moins de six mois), R.131-1 à R.131-3 (protection des constructions neuves) et L.131-3 (arrêté préfectoral délimitant les zones). Décret n° 2006-591 du 23 mai 2006 et arrêté du 27 juin 2006.

L’arrêté préfectoral du 11 avril 2001 classe l’ensemble des communes de l’île : son numéro se vérifie auprès de la DEAL. Cette fiche décrit le régime applicable, elle ne prescrit ni produit ni procédé de traitement.

Information pédagogique. Cette fiche ne remplace ni les textes applicables au projet, ni une étude, ni l’instruction de l’autorité compétente, ni le conseil d’un professionnel responsable.

Statut de cette fiche. Contenu informatif et non opposable. Les mentions « vérifié le… » signalent que l’affirmation a été confrontée à la source citée à cette date — elles ne valent pas visa d’un professionnel. Pour une décision engageante, faites confirmer par le professionnel responsable ou le service compétent.
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