Ils vivent dans le sol et remontent vers le bâtiment. On les arrête par une barrière continue entre le sol et la construction.
Termites en Martinique : ce que l'arrêté préfectoral impose
En Martinique, l'ensemble du territoire est classé à risque termites par arrêté préfectoral. Cela déclenche un diagnostic obligatoire à chaque vente, une déclaration en mairie en cas de présence et une protection renforcée des constructions neuves.
La question qu’on vous posera le plus souvent est la mauvaise. « Votre commune est-elle en zone ? » n’a pas de sens en Martinique : l’arrêté classe tout le territoire. Ce qui se discute vraiment, c’est le type de termite visé — et une protection qui ne traite que le sol laisse la charpente exposée.
Comprendre sans jargon
La Martinique est classée à risque termites sur l'ensemble de son territoire par un arrêté préfectoral du 26 avril 2001. Concrètement, dès qu'un immeuble bâti change de propriétaire, un état relatif à la présence de termites doit être remis à l'acheteur : il fait partie du dossier de diagnostic technique annexé à la promesse ou à l'acte de vente (article L.271-4 du code de la construction et de l'habitation) et doit dater de moins de six mois (article D.271-5). Par ailleurs, toute personne qui constate la présence de termites doit la déclarer en mairie (article L.126-4), et toute construction neuve doit être protégée : les bois et matériaux dérivés doivent résister ou être traités (article R.131-1) et une barrière de protection — physique ou physico-chimique — doit séparer le sol du bâtiment (article R.131-2) ; en outre-mer, le simple « dispositif de construction contrôlable » admis dans l'Hexagone n'est pas suffisant.
La Martinique présente une particularité importante : on y trouve des termites de bois sec (Cryptotermes), qui s'installent directement dans les charpentes, les menuiseries et le mobilier, sans jamais toucher le sol. Une simple barrière au sol, efficace contre les termites souterrains, ne suffit donc pas à les arrêter. La vigilance doit porter autant sur les bois mis en œuvre dans la construction que sur le mobilier et les objets en bois importés, qui peuvent introduire l'infestation dans un logement jusque-là sain.
Deux termites, deux protections — c’est la clé en Martinique
Ils n’ont pas besoin du sol : ils s’installent directement dans le bois, y compris en étage. Une barrière au sol ne les arrête pas — la protection passe par le traitement des bois et des menuiseries.
Les deux sont présents en Martinique. Une protection qui ne traite qu’un seul des deux laisse le bâtiment exposé — et c’est l’erreur la plus fréquente.
Les questions à poser — et la réponse à attendre
- « Mon adresse est-elle concernée ? » La réponse est oui, partout : l’arrêté préfectoral du 26 avril 2001 classe l’ensemble du territoire de la Martinique. Si l’on vous répond « il faut vérifier la commune », votre interlocuteur applique le raisonnement de l’Hexagone, où le zonage est commune par commune.
- « L’état termites date-t-il de moins de six mois à la signature ? » Attendez une date, pas une intention. C’est un document du dossier de diagnostic technique annexé à la promesse ou à l’acte : au-delà de six mois, il n’est plus valable et se refait.
- « La protection traite-t-elle les deux termites, souterrains et de bois sec ? » La réponse doit décrire deux dispositions : une barrière entre le sol et le bâtiment, et un traitement des bois et menuiseries. Une réponse qui ne parle que de la barrière est incomplète pour la Martinique.
- « Le diagnostiqueur est-il certifié, et son assurance couvre-t-elle la Martinique ? » Demandez le certificat et l’attestation d’assurance à jour. Un diagnostic non couvert ne vous protège pas si le désordre apparaît après la vente.
- « Qui déclare en mairie si des termites sont constatés, et quand ? » La réponse nomme un responsable et une échéance. La déclaration est une obligation, et sa copie a sa place dans votre dossier — c’est elle qui prouve que vous n’avez rien dissimulé.
Le meuble en bois qui traverse l’Atlantique voyage rarement seul. Une commode ancienne, une caisse d’emballage, une charpente de récupération : c’est souvent par là que les termites de bois sec entrent dans un bâtiment jusque-là sain. Faites inspecter les bois importés avant de les rentrer, pas après.
Points de vigilance
- Un état termites de plus de six mois n'est plus valable pour la vente : il doit être renouvelé.
- Une barrière posée uniquement au sol ne protège pas contre les termites de bois sec, très présents en Martinique.
- Un meuble ou une charpente importés peuvent introduire une infestation dans un bâtiment jusque-là sain.
- La présence de termites doit être déclarée en mairie ; conservez la preuve de cette démarche.
À conserver dans votre dossier
- L'état relatif à la présence de termites remis à la vente, daté et signé.
- La confirmation que l'adresse relève de l'arrêté qui classe l'ensemble du territoire.
- Les justificatifs de la protection posée en construction neuve : bois traités, barrière au sol, notice technique.
- La notice technique remise au maître d'ouvrage à la réception (article R.131-3).
- La copie de la déclaration en mairie en cas de présence constatée.
Passer à l'action
Cette fiche explique. Pour cocher vos contrôles, les enregistrer et les retrouver, l'outil correspondant les reprend et les range dans votre projet.
Mon territoire : ce qui change chez moiJe vends un bien en Martinique
L’état relatif à la présence de termites est dû, sans exception de commune : il rejoint le dossier de diagnostic technique et doit avoir moins de six mois à la signature. Faites-le établir assez tard pour qu’il couvre la vente, mais assez tôt pour traiter ce qu’il révélerait.
Passer les cinq contrôles →J’achète un bien existant
Lisez l’état termites avant de signer, et regardez sa date. S’il mentionne des indices, faites chiffrer le traitement avant l’offre : après la vente, la discussion change de camp.
Diagnostiquer avant de traiter →Je fais construire du neuf
Faites écrire les deux protections dans le contrat — barrière contre les souterrains, traitement des bois contre le bois sec — et fixez le moment du contrôle de continuité avant le coulage. La notice technique se remet à la réception, au modèle applicable à l’outre-mer.
Protéger une construction neuve →Je constate des termites chez moi
La déclaration en mairie est une obligation, pas une option. Faites-la, gardez la copie, puis faites établir un diagnostic avant tout traitement : traiter sans savoir ce qui est attaqué revient souvent à traiter deux fois.
Le régime outre-mer en entier →Les contrôles à emporter dans votre projet
Ajoutez ces contrôles pour appliquer les règles territoriales à l’adresse réelle du projet.
- Identifier le territoire, l’adresse et les zonages qui conditionnent le projet.Preuve attendue : résultat daté des cartes, arrêtés ou prescriptions correspondant à la parcelle
- Vérifier le texte, la version et le champ d’application retenus pour le projet.Preuve attendue : référence officielle datée et note expliquant son application au bâtiment
- Transmettre aux concepteurs les données locales d’exposition et de risque.Preuve attendue : cahier des charges, étude ou plans mentionnant climat, vent, séisme, eau ou agents concernés
- Faire justifier les dispositions de conception et d’exécution adaptées.Preuve attendue : plans, calculs, détails et validation du professionnel responsable
- Conserver les contrôles et documents démontrant la solution réellement exécutée.Preuve attendue : comptes rendus, photos avant recouvrement, essais et dossier final du projet
Ces contrôles restent sur cet appareil. Enregistrés, ils rejoignent votre projet et vous les retrouverez cochables, avec la preuve attendue en regard.
Sources et limites de la fiche
Sources consultées le 02/08/2026 ; mise au gabarit du 19/08/2026.
- Préfecture de la Martinique — Termites et mérules Consultée le 02/08/2026 Date (26 avril 2001) et portée (tout le territoire) confirmées ; le numéro de l'arrêté n'est pas repris ici et se vérifie au recueil des actes administratifs.
- Ministère de la Transition écologique — Carte des départements couverts par un arrêté « termites » (au 1er janvier 2019) Consultée le 02/08/2026 La Martinique (972) y figure comme département couvert par un arrêté préfectoral.
- Légifrance — Code de la construction et de l'habitation, article L.271-4 (dossier de diagnostic technique) Consultée le 02/08/2026
- Légifrance — Code de la construction et de l'habitation, article L.126-24 (état termites à la vente en zone délimitée) Consultée le 02/08/2026
- Légifrance — Code de la construction et de l'habitation, article R.131-1 (protection des bois des constructions neuves) Consultée le 02/08/2026
- Légifrance — Décret n° 2006-591 du 23 mai 2006 (protection des bâtiments neufs contre les termites) Consultée le 02/08/2026
- Arrêté du 27 juin 2006 relatif à la protection des bâtiments contre les termites et autres insectes xylophages : la durée minimale d’efficacité du traitement des bois est de dix ans, et la notice technique est remise au maître d’ouvrage au plus tard à la réception. Vérifié le 19/08/2026.
- Code de la construction et de l’habitation, article L. 131-3 : l’arrêté préfectoral délimitant les zones est affiché trois mois dans les mairies concernées et publié au recueil des actes administratifs de la préfecture ; il y est consultable, ainsi qu’en mairie. Les effets juridiques courent du premier jour d’affichage. Vérifié le 19/08/2026.
- Code de la construction et de l’habitation, article R. 131-1 : protection des bois des constructions neuves contre les termites et insectes xylophages, en vigueur depuis le 1er juillet 2021 (décret n° 2021-872 recodifiant l’ancien article R. 112-2). Vérifié le 19/08/2026.
Références de rattachement. Code de la construction et de l’habitation : articles L.126-4 (déclaration en mairie), L.126-24 et L.271-4 (état termites annexé à la vente), D.271-5 (validité de moins de six mois), R.131-1 à R.131-3 (protection des constructions neuves) et L.131-3 (arrêté préfectoral délimitant les zones). Décret n° 2006-591 du 23 mai 2006 et arrêté du 27 juin 2006.
L’arrêté préfectoral du 26 avril 2001 classe l’ensemble du territoire : son numéro n’est pas repris ici et se vérifie au recueil des actes administratifs de la préfecture. Cette fiche décrit le régime applicable, elle ne prescrit ni produit ni procédé de traitement.
Information pédagogique. Cette fiche ne remplace ni les textes applicables au projet, ni une étude, ni l’instruction de l’autorité compétente, ni le conseil d’un professionnel responsable.